En 2026, les Ray-Ban Meta Smart Glasses Gen 2, conçues par Meta et EssilorLuxottica, s’imposent comme la référence du marché des lunettes connectées. Destinées au grand public, elles transforment une paire de lunettes classique en appareil photo, oreillettes et assistant IA, sans renier le style Wayfarer. Nous les avons portées une semaine en conditions réelles, entre métro, visites et appels : place au test.
Design, confort et audio : la technologie se fait oublier
Le premier mérite de ces lunettes est simple : elles gardent l’illusion intacte. Rien ne paraît connecté, jusqu’au moment où l’on frôle les branches. Meta et EssilorLuxottica ont réussi à intégrer caméra, cinq micros et haut-parleurs sans transformer la monture en gadget visuel.
Une monture iconique, un poids qui impressionne
Avec 48 à 50 grammes selon la forme, les Ray-Ban Meta Gen 2 se portent comme une paire classique. Les montures Wayfarer, Headliner et Skyler sont proposées dans plus de 150 combinaisons, y compris des versions “low bridge” pour les visages moins marqués. Le gain de poids par rapport aux premières générations autorise enfin jusqu’à huit heures de port.
La certification IPX4 assure une résistance aux éclaboussures. Une averse légère ne les pousse pas à se mettre en charge. L’étui de transport ajoute en revanche un peu d’épaisseur par rapport à un étui classique, car il renferme une batterie et un indicateur LED.

Capture vidéo : la 3K verticale prête à poster
Le capteur de 12 Mpx fournit des photos nettes et calibrées, tandis que la vidéo 3K à 30 images/s offre le meilleur compromis entre richesse et poids du fichier. On peut enregistrer pendant 30 secondes sans chauffe notable, et le stabilisateur électronique compense efficacement les mouvements de marche.
Le stockage intégré de 32 Go permet de conserver environ 100 vidéos de 30 secondes ou plus de 1 000 photos avant de les transférer via l’application Meta View. Le format vertical par défaut convient aux stories Instagram, mais il faut passer en mode horizontal si l’on vise YouTube ou une utilisation plus académique.
Audio ouvert : un son présent, pas une clôture
L’audio open-ear, autrement dit l’oreille libre, laisse l’environnement audible. Les haut-parleurs directionnels dans les branches délivrent un niveau sonore élevé, avec des basses plus moelleuses que sur les écouteurs d’il y a deux ans. En plein air, la musique reste audible sans imposer sa présence à l’entourage : à un mètre, on ne perçoit plus grand-chose.
Le système de cinq microphones filtre efficacement le vent et la rumeur. Lors de nos essais, les appels WhatsApp sonnaient tout à fait normalement au téléphone, même en bordure d’une rue commerçante. Le pavé tactile de la branche droite, simple à maîtriser, contrôle le volume et les pistes sans regarder.
Meta AI : regarde, analyse, répond
Avec la mise à jour « Muse Spark » déployée au printemps 2026, l’assistant vocal Meta monte d’un cran. Le logiciel multimodal permet désormais de désigner ou de décrire ce que vous montrez à la caméra. On n’a plus seulement un haut-parleur dans la branche, mais un œil qui regarde à votre place.
Le mode « Look & Ask » sur le terrain
La fonction Look and Ask répond en temps réel à toute requête visuelle : « Hey Meta, regarde ceci, c’est quoi l’histoire du bâtiment ? » ou « analyse cet objet ». Nous avons testé l’outil lors d’une visite à Paris : identification d’un style architectural, extraction de textes de menus en anglais, ou même résumé d’une page documentaire. La latence est très faible, car le processus s’appuie sur le CPU Snapdragon AR1 Gen 1 et la connexion Bluetooth au téléphone.

L’IA n’est pas infaillible. Certaines réponses sur les végétaux restent hésitantes, et la reconnaissance demande un peu de données mobile. Insérée dans un usage quotidien, elle aide vraiment les curieux.
Conversation Focus et traduction en direct
La nouvelle fonction Conversation Focus, activable à la voix, concentre les cinq micros du larmier sur la voix de l’interlocuteur et réduit les bruits de la foule. Dans un bar bruyant, l’effet est réel : ce n’est pas une aide auditive médicale, mais l’amélioration est nette. Pour ceux qui subissent le fond sonore pendant les dîners, la fonction a quelque chose de très concret.
La traduction en temps réel progresse. Elle couvre plus de 20 langues, dont le japonais, le coréen ou l’arabe depuis 2026. Vous parlez en français, votre interlocuteur entend en anglais via le haut-parleur, puis la réponse traduite revient dans la branche. L’outil fonctionne dans 70 % des cas, mais reste bancal pour les saisies complexes.
Autonomie et limites : la loi du physique
C’est la partie qui refroidit le plus : la batterie ne tient pas la promesse du “toute la journée”. En une journée avec photos, appels et quelques questions à l’IA, la charge tombe à 30 % après quatre heures de port. Un utilisateur qui enchaîne environ huit minutes de vidéo et des réponses toutes les heures devra passer par la case charge.
Charge rapide dans l’écrin
L’étui a été présenté comme indispensable, et c’est logique. Sans lui, vous êtes vite bloqué. Vingt minutes rangées suffisent à récupérer 50 % de batterie. Ce regain permettrait de tenir une journée complète, à condition de le recharger régulièrement. La charge complète de l’écrin prend environ 75 minutes, mais il ne prolonge pas l’autonomie à l’infini.
Chauffe et limites matérielles
Après une vidéo de plus de 3 minutes, les branches tiédissent et une notification peut limiter l’enregistrement en cas de problème de ventilation. C’est un garde-fou, pas un dysfonctionnement, mais il faut le savoir pour filmer. Si vous voulez tourner une interview longue, prévoyez des pauses.
Signalons de petites hallucinations de l’IA, surtout sur les dates et les sources. L’ensemble reste néanmoins fluide et mûr à l’usage : rien à voir avec des prototypes du passé.

Verdict : le bon compromis contre les presque-là
Parmi les lunettes connectées sans écran, la Ray-Ban Meta Gen 2 ne mise pas sur l’affichage textuel. Elle choisit le look et l’écosystème, avec un prix de 329 € selon la version, proche de certaines montures non connectées.
La concurrence en Europe
La Solos AirGo 3 (299 $) progresse sur l’autonomie, avec quatre heures de plus à l’usage, mais son capteur photo et son OS n’atteignent pas le même niveau. La Even Realities G1, plus orientée productivité, offre un affichage visuel sans caméra ; de nombreux créateurs de contenu restent alors sur leur faim.
Le Oakley Meta Vanguard, plus sportif et beaucoup plus onéreux (499 €), se réserve aux efforts intenses. Au final, l’atout de la Gen 2 tient à son tarif, à l’intégration logicielle et à la maturité du livestreaming. Elle détrône en 2026 une grande partie de la catégorie sans affichage, ce qui lui vaut une note de 4,5/5.
Dans quel cas est-elle une affaire?
Pour sa version commerciale, la barre se situe à la bonne place. Ces lunettes sont pertinentes pour les adeptes de vidéo, les étudiants qui filment des chorales, les grands voyageurs qui veulent traduire les menus. En revanche, si vous espériez une paire connectée pour suivre des modèles, une longue autonomie ou un affichage de type HUD, il faudra regarder ailleurs et accepter un prix plus élevé.
Au final, le pari de Meta et EssilorLuxottica aboutit : un accessoire auquel on revient, qui change les habitudes et qui se porte facilement au quotidien. Les Ray-Ban Meta Smart Glasses Gen 2 s’imposent comme une promesse tenue.










