Commercialisée depuis quelques années, la gamme QNAP TS-x64 reste d’actualité en 2026 et s’adresse aux professionnels, créatifs et utilisateurs à domicile qui refusent de choisir entre un grand volume de stockage, la vitesse réseau et les usages multimédias. Le modèle TS-464 à 4 baies en est le plus représentatif : un NAS compact et polyvalent animé par un processeur Intel Celeron N5095, équipé en série de deux ports 2,5 Gigabit Ethernet et d’une sortie HDMI 2.0, le tout sous un système QTS ou QuTS hero. Voici notre évaluation complète, nourrie par des mois d’utilisation et les retours d’une large communauté d’utilisateurs exigeants.
Un matériel taillé pour la polyvalence et la vitesse
Le TS-x64 combine un châssis compact, une bonne accessibilité et une connectique pensée pour les usages intensifs.
Design et accès aux baies
Le TS-x64 arbore un châssis noir et or, reconnaissable entre tous, avec un panneau frontal magnétique qui cache les baies de disques. Sur le TS-464, on trouve quatre baies SATA 3,5’’/2,5’’ verrouillables et extractibles sans outil. L’accès est rapide, ce qui simplifie les remplacements comme la maintenance. Le boîtier reste relativement compact (170 × 162,5 × 226 mm), idéal pour un meuble télé ou un petit bureau.

Connectique : le 2,5GbE en standard
Alors que la plupart des NAS concurrents se contentent encore du Gigabit, QNAP propose deux ports RJ45 2,5 GbE sur l’ensemble de la série. Concrètement, cela permet d’atteindre environ 295 Mo/s en lecture et en écriture sans configuration complexe. En activant le SMB Multichannel ou en agrégeant les liens (Port Trunking), les débits peuvent grimper théoriquement jusqu’à 5 Gbps, de quoi alimenter plusieurs postes de montage vidéo en même temps. On regrette tout de même l’absence de 10 GbE natif, mais le slot PCIe Gen 3 x2 du TS-464 permet d’ajouter plus tard une carte réseau spécialisée.
À l’arrière, on trouve également un port HDMI 2.0 capable d’afficher du 4K à 60 Hz. Cette sortie fait aussi du NAS un lecteur multimédia autonome ou un poste de surveillance pour des caméras IP, sans avoir besoin d’allumer un ordinateur. Deux ports USB 3.2 Gen 2 (type A) complètent l’ensemble pour les sauvegardes sur disque externe ou la connexion d’une imprimante.
Stockage flash et extension interne
Au dos du panneau frontal amovible se logent deux emplacements M.2 NVMe PCIe Gen 3 x1. Ces slots acceptent des SSD au format 2280 et peuvent être configurés soit comme cache d’accélération, soit comme volume de stockage principal. Pour un usage bureautique ou de base de données, l’installation d’un pool SSD rapide change vraiment la réactivité. La trappe PCIe Gen 3 x2, quant à elle, ouvre la voie à une carte 10 GbE, à un contrôleur Wi-Fi 6 ou à des ports USB supplémentaires. Cette évolutivité interne reste rare sur un NAS familial ou TPE.
Performances et usage multimédia : l’atout Intel Quick Sync
Le TS-464 s’appuie sur un Intel Celeron N5095 pour rester sobre tout en gardant un vrai potentiel multimédia.
Un processeur sobre mais efficace
Le cœur du NAS est un Intel Celeron N5095 quad-core (Jasper Lake), cadencé jusqu’à 2,9 GHz en burst. C’est une puce d’entrée de gamme, certes, mais parfaitement calibrée pour un NAS : elle consomme peu, chauffe très peu et intègre un circuit graphique Intel UHD. En pratique, avec 8 Go de RAM (sur le modèle de base), le TS-464 fait tourner simultanément un serveur Plex, des containers Docker et une machine virtuelle Windows 11 légère. Les tâches de téléchargement, d’indexation de photos ou de surveillance vidéo ne le mettent pas à genoux.

Transcodage matériel : le Graal pour Plex
C’est ici que QNAP prend l’avantage sur la plupart des alternatives équipées de processeurs AMD. Le N5095 embarque la technologie Intel Quick Sync Video, capable de décoder matériellement les flux H.264 et H.265 (HEVC). Sous Plex Media Server, un abonnement Plex Pass permet de transcoder du 4K vers du 1080p ou du 720p en temps réel, sans faire grimper la charge processeur au-delà de 15 à 20 %. Regarder un film 4K sur un vieil iPad ou un smartphone devient fluide, même avec des sous-titres complexes. Attention toutefois : le transcodage 4K SDR vers 1080p fonctionne sans problème, mais le 4K HDR avec tone mapping vers SDR peut s’avérer plus lourd. La grande majorité des utilisateurs n’aura aucun souci.
Débits réels et cache SSD
Nos tests confirment les chiffres officiels : environ 295 Mo/s en lecture comme en écriture sur des grands fichiers via un seul port 2,5 GbE. En installant une carte 10 GbE optionnelle et en utilisant des disques mécaniques montés en RAID 5, on frôle les 800 Mo/s en lecture séquentielle. La technologie Qtier (auto-tiering), qui migre automatiquement les blocs les plus utilisés vers les SSD M.2, apporte un vrai gain sur les accès aléatoires : les miniatures de dossiers photo s’affichent instantanément, même avec des centaines de milliers d’images. L’application QuMagie, qui exploite le moteur IA du GPU intégré, identifie visages et objets à une vitesse franchement impressionnante.
Le point noir : une RAM parfois piégée
Deux versions sur le marché
L’achat d’un TS-x64 en 2026 demande de vérifier la mémoire vive avec soin. Les premières unités commercialisées proposaient deux emplacements SODIMM DDR4 facilement accessibles et permettaient une extension jusqu’à 16 Go selon QNAP, voire 64 Go officieusement (deux barrettes de 32 Go). Mais à la suite de révisions matérielles, certains lots récents embarquent une RAM soudée à la carte mère, rendant toute évolution impossible. La référence exacte fait foi : un TS-464-8G soudé restera bloqué à 8 Go.
Quelles conséquences pour l’usage pro ?
Pour un NAS servant à la simple sauvegarde et au partage de fichiers, 8 Go suffisent. En revanche, si vous envisagez de faire tourner plusieurs machines virtuelles ou une dizaine de containers Docker, la limite peut vite devenir frustrante. La virtualisation consomme beaucoup de mémoire, tout comme les applications de surveillance (QVR Pro) avec de nombreuses caméras. Avant d’acheter, vérifiez donc les spécifications détaillées du revendeur. Les utilisateurs chanceux disposant d’une version à slots pourront aisément porter leur TS-464 à 32 Go pour un coût modique.
Logiciel : entre QTS et ZFS
QTS 5.x, un bureau Linux complet
L’interface QTS, avec son bureau façon Windows ou macOS, reste l’une des plus accessibles du marché. En quelques clics, on monte des volumes RAID, on paramètre des sauvegardes automatiques vers le cloud et on installe des applications depuis l’App Center (plus de 100 apps gratuites). La gestion des droits, le filtrage réseau et le centre de sécurité intégré ont été renforcés ces dernières années pour contrer les ransomwares. En 2026, QNAP propose aussi l’authentification à deux facteurs et des alertes de vulnérabilités en temps réel.
Le vrai saut : QuTS hero et le système de fichiers ZFS
Initialement réservé aux gammes professionnelles, QuTS hero est désormais compatible avec le TS-464 depuis la mise à jour QTS 5.2.1. Ce firmware utilise le système de fichiers ZFS, réputé pour sa résistance à la corruption silencieuse des données (bit rot), sa compression en ligne et ses snapshots illimités. Le basculement nécessite un reformatage complet des disques (sauvegardez vos données avant !) mais offre une tranquillité d’esprit pour les archives critiques. La déduplication, même si elle reste gourmande en ressources, intéresse les petites structures qui manipulent beaucoup de documents redondants. Peu de modèles offrent ce double choix logiciel sur ce créneau tarifaire.
Stratégie de sauvegarde complète
Avec HBS 3 (Hybrid Backup Sync), vous pouvez planifier des copies vers un autre NAS, un disque externe ou vers des services cloud comme Amazon S3, Backblaze B2 ou Dropbox. Les instantanés (snapshots) protègent contre les rançongiciels : en cas d’infection, il suffit de restaurer un volume à l’état antérieur dans la minute. La règle 3-2-1 devient plus simple à appliquer.
Face à la concurrence : pourquoi choisir le TS-464 en 2026 ?
Face aux modèles rivaux, le TS-464 conserve des atouts matériels et logiciels difficiles à égaler dans cette gamme.

QNAP TS-464 contre Synology DS923+
Le DS923+ de Synology est souvent cité en alternative directe. Il utilise un AMD Ryzen R1600, dépourvu de circuit graphique intégré : pas de transcodage matériel, ce qui le rend moins pertinent pour un serveur Plex. Ses deux ports réseau se limitent à du 1 GbE ; pour passer au 10 GbE, il faut acheter une carte d’extension souvent onéreuse. La gestion logicielle (DSM) reste plus sobre et plus simple, avec un excellent support de la RAM ECC, mais les capacités multimédias et l’offre d’applications QNAP sont absentes. Pour qui manipule beaucoup de vidéos ou veut un centre de loisirs sous la télé, le TS-464 garde l’avantage.
QNAP TS-464 contre Synology DS423+
Le DS423+ embarque un Intel Celeron J4125, plus ancien que le N5095, mais propose lui aussi Quick Sync. Il se rapproche donc du QNAP en matière de transcodage. En revanche, il ne dispose ni de slot PCIe, ni de ports 2,5 GbE (seulement deux ports 1 GbE), ni de sortie HDMI. Son évolutivité est quasi nulle et le nombre d’emplacements SSD NVMe est limité à un seul. Le TS-464 l’emporte donc sur tous les plans matériels, sauf si vous êtes profondément attaché à l’écosystème Synology et à son interface très simple.
Le positionnement tarifaire
En juillet 2026, le QNAP TS-464-8G se négocie autour de 550 à 620 euros TTC nu (hors disques). À prix équivalent, Synology propose des machines moins généreuses en ports et en évolutivité. Rapporté à la durée de vie d’un NAS (souvent 7 à 10 ans), l’investissement reste pertinent, à condition d’avoir choisi la bonne version de RAM. Pour les budgets plus serrés, le TS-264 (2 baies) reprend grosso modo les mêmes caractéristiques pour environ 400 euros, tandis que le TS-664 (6 baies) se destine aux besoins supérieurs à 80 To.
Pour le streaming Plex, ce QNAP remplace sans peine mon ancien Synology.
Avis d’un utilisateur sur Reddit r/qnap (2025)














